Les Carmes
2 comédies musicales au cinéma !
Dimanche 7 avril à 18h
UNE JOLIE VALLÉE et LA NUIT TOMBÉE

UNE JOLIE VALLÉE De Gaël Lépingle. Avec les chœurs des Sitelles, dirigés par Corinne Barrère

Un village dans le Tarn, l'été. Ils travaillent dans des bureaux ou en usine, sont médecins, enseignants ou retraités. Ils se réunissent pour raconter ensemble une histoire, et pour la chanter. Une comédie musicale d’après Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. #52min

 

LA NUIT TOMBÉE De Gaël Lépingle. Avec la maîtrise de Léonard et l’orchestre de Léonie sous la direction de Clément Joubert.

Ce soir-là, Victor, treize ans, ne veut pas rentrer chez lui. Cependant qu'une jeune femme, Sandrine, repousse le moment où elle retrouvera son appartement solitaire. C’est la tombée de la nuit, à Orléans, peu avant Noël. #30min

 

"Pour parler de La nuit tombée, il faut commencer par évoquer Une jolie vallée, le film que Gaël Lépingle réalisa dans la foulée. Ces deux films, vus ensemble, se complètent harmonieusement, se répondent, non pas à l’unisson, mais comme un canon entonné autour d’une question agitant sporadiquement certains cinéastes d’ici : comment faire une comédie musicale en France, pourquoi chanter dans les films ? Ce qui rassemble les deux films – outre une équipe technique, des mélodies élégantes de Julien Joubert, les fins arrangements de son frère Clément Joubert et la qualité des paroles écrites par le réalisateur lui-même –, c’est leur manière de questionner l’artifice propre au genre. Si La nuit tombée est une fiction assumant l’héritage de Jacques Demy et s’emparant sans rougir des inévitables figures du hasard et de la mélancolie, Une jolie vallée (qui est un documentaire) aura surpris en injectant chant et fiction (via une histoire “connue”, celle des Trois mousquetaires) dans un contexte réaliste et contemporain qu’il ne cherche pas, par ailleurs, à transformer. Autrement dit, quand l’un tente de “ré-enchanter” le monde, l’autre préfère prendre acte de la façon dont le chant réaliserait une utopie collective et réunirait dans un projet commun des habitants n’ayant rien à voir les uns avec les autres.

Cela posé, revenons plus précisément à La nuit tombée. La beauté de la comédie musicale vient souvent d’une bascule, de ce moment où soudain l’on chante ou danse ensemble, où l’environnement des personnages devient ballet, où l’entourage se transforme, s’exprime au diapason de leurs sentiments. Trouver une voix qui lui répondra, cet écho salvateur, c’est toute la difficulté pour Sandrine dans La nuit tombée. Elle est seule, trentenaire amoureuse d’un homme marié qui la délaisse. Qu’elle regarde au début du film des adolescentes jouant, mutines, à la comédie musicale – en se filmant au portable dans un amusant simulacre, une stimulante mise en abyme –, et c’est sa solitude, à elle, qui s’exacerbe. Qu’elle observe en cette veille de Noël la ville qui – le soir tombé, les bureaux vidés – s’anime, et c’est sa mélancolie qui infuse douloureusement. Sandrine, elle, chante, mais seule encore. Tout comme Victor, treize ans, qui va, apprend-on, devoir quitter la ville, ses amis et aussi ses parents. Évidemment, c’est dans une troisième partie que les fils du destin relieront leurs errances nocturnes, qu’ils chanteront ensemble enfin, les thèmes musicaux associés à chacun s’entremêlant en une consolation temporaire, de celles, gracieuses, que la magie du genre sait offrir. Parallèlement, le réalisateur et son monteur s’attardent beaucoup sur les fenêtres éclairées, les badauds, les passants. Des visages, des figures. Autant d’histoires. C’est la beauté de ce film chanté que de nous suggérer que nous faisons partie d’un tout, d’une ville (ici, Orléans) rythmée par des affects partagés ou secrètement dissimulés."

Stéphane Kahn

Article paru dans Bref n°117, 2015.

 

 

 

 

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Deux films crépusculaires lancent leurs feux sur nos écrans cette semaine. 

Deux films qui illustrent la fin d’une époque. La fin de Casanova pour Dernier Amour et les prémisses de la Première Guerre mondiale en Europe de l'Est pour Sunset

Deux films qui questionnent leur époque et la nôtre. 

SUNSET 

Laszlo Nemes, fidèle au magnifique dispositif filmique du Fils de Saul, poursuit son portrait de personnages en quête de compréhension dans un monde qui les dépasse et les violente. SUNSET bénéficie d’une lumière extraordinaire. 

"Je voulais faire un film depuis très longtemps sur la naissance du siècle, et notamment comment à travers un destin personnel se reflétait le destin de tout un continent", explique le réalisateur.

"Ce qui me fascinait, c'est comment cette civilisation du début du XXe siècle, avec autant de promesses, portait déjà en elle sa propre destruction", ajoute Laszlo Nemes, qui s'interroge sur le fait "qu'au sommet de la sophistication, de la pensée et de la culture, on ait pu produire autant de barbarie."

Nourri d'influences littéraires comme Dostoïevski et Kafka, Sunset dont le titre est une référence à "L'Aurore"("Sunrise") de Murnau -, est "un film sur le labyrinthe mental du personnage principal", souligne Laszlo Nemes.

Suivant au plus près son héroïne dans sa quête, comme dans "Le Fils de Saul", Laszlo Nemes montre cette fois à travers son regard un monde de raffinement en train de sombrer dans la déchéance, tiraillé entre modernité et déclin, sur lequel pèse un climat menaçant.

"Le voyage, c'est une épreuve pour Iris et donc c'est une épreuve pour nous", fait valoir Laszlo Nemes, pour qui "faire confiance au spectateur, c'est le mettre au défi".

Revendiquant d'aller à contre-courant d'"une folie du virtuel, et une folie de tout montrer", le cinéaste estime que "l'on peut donner beaucoup au spectateur d'aujourd'hui en le sortant des codes télévisuels où tout lui est prémâché".

Ardent défenseur de la pellicule, il n'en finit pas de fustiger le numérique et l'influence de la télévision sur le 7e Art depuis les années 80, dans lesquels il voit "la plus grande régression de l'histoire du cinéma". "Avec la propension à filmer les films comme des matches de foot, à toujours être le plus fonctionnel possible, on est en train de perdre le désir d'utiliser l'imagination."

(Interview du réalisateur publié le 15 mars | AFP

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