Les Carmes
Vivement Dimanche ! Rétro Jean Rouch
Mardi 23 avril à 19h30
PETIT À PETIT
Avec Citizens Carmes

De Jean Rouch

Un grand building va être construit à Niamey, au Niger. Trois prospères hommes d'affaires locaux, Damouré, Lam et Illo, dirigeants de la société d'import-export Petit à Petit, décident de ne pas rater ce mirifique projet. Damouré s'envole pour Paris, où il compte dénicher un architecte et surtout visiter des «maisons à étages» pour se faire une idée. Il met son séjour à profit pour étudier les moeurs locales et fait part de ses impressions à ses amis par courrier. A Niamey, à la lecture de ses lettres, Lam et Illo le croient devenu fou. Ils se rendent à leur tour dans la capitale française... #Fr 1h35 1970

"A côté de ses films ethnographiques, Jean Rouch n'a cessé de tourner 

des fictions folles, quelquefois africaines ou franco-africaines, qu'il mène d'une main de maître. Comme ces films sont tournés caméra à la main, avec une grande liberté de rythme et d'esprit, ils ont influencé la Nouvelle Vague qui a trouvé là une manière de s'écarter des grosses machines de la Qualité Française.

Petit à petit a été tourné en 1970, c'est-à-dire après les années cinquante héroïques où Rouch était le compagnon de route de Godard ou Astruc. Mais il garde cette fraîcheur de ton insensée qui fait qu'on le regarde se dérouler avec un plaisir fou. Preuve de la liberté de ce cinéma, la version «originale» de Petit à Petit durait quatre heures. Celle que nous voyons aujourd'hui a sagement été ramenée à une heure trente sans que disparaisse le joyeux anarchisme du jeu et du propos, avec ses dialogues dans le français savoureux et approximatif des Africains.

Trois amis Nigériens ont fondé une société prospère à Niamey, Petit à petit. Ils font de l'import-export mais gardent leur personnalité, Damouré (Damouré Zika) faisant figure de leader auprès de Lam (Lam Ibrahima Dia) et Illo (Illo Gaoudel). Damouré se rend à Paris pour étudier la construction des «maisons à étages» qu'il voudrait implanter à Niamey. Il fait de l'ethnologie sauvage et visite la capitale pendant de longues semaines. Inquiet, Lam le rejoint. Ils s'achètent une voiture luxueuse et avec deux amies et un clochard repartent pour Niamey. Mais la vie africaine ne convient pas aux deux jeunes filles et au clochard qui décident de s'en retourner. Au terme de cet aller-retour farfelu, nos trois amis abandonnent leur fructueuse société et redeviennent des hommes modestes mais libres." Libération

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Deux films crépusculaires lancent leurs feux sur nos écrans cette semaine. 

Deux films qui illustrent la fin d’une époque. La fin de Casanova pour Dernier Amour et les prémisses de la Première Guerre mondiale en Europe de l'Est pour Sunset

Deux films qui questionnent leur époque et la nôtre. 

SUNSET 

Laszlo Nemes, fidèle au magnifique dispositif filmique du Fils de Saul, poursuit son portrait de personnages en quête de compréhension dans un monde qui les dépasse et les violente. SUNSET bénéficie d’une lumière extraordinaire. 

"Je voulais faire un film depuis très longtemps sur la naissance du siècle, et notamment comment à travers un destin personnel se reflétait le destin de tout un continent", explique le réalisateur.

"Ce qui me fascinait, c'est comment cette civilisation du début du XXe siècle, avec autant de promesses, portait déjà en elle sa propre destruction", ajoute Laszlo Nemes, qui s'interroge sur le fait "qu'au sommet de la sophistication, de la pensée et de la culture, on ait pu produire autant de barbarie."

Nourri d'influences littéraires comme Dostoïevski et Kafka, Sunset dont le titre est une référence à "L'Aurore"("Sunrise") de Murnau -, est "un film sur le labyrinthe mental du personnage principal", souligne Laszlo Nemes.

Suivant au plus près son héroïne dans sa quête, comme dans "Le Fils de Saul", Laszlo Nemes montre cette fois à travers son regard un monde de raffinement en train de sombrer dans la déchéance, tiraillé entre modernité et déclin, sur lequel pèse un climat menaçant.

"Le voyage, c'est une épreuve pour Iris et donc c'est une épreuve pour nous", fait valoir Laszlo Nemes, pour qui "faire confiance au spectateur, c'est le mettre au défi".

Revendiquant d'aller à contre-courant d'"une folie du virtuel, et une folie de tout montrer", le cinéaste estime que "l'on peut donner beaucoup au spectateur d'aujourd'hui en le sortant des codes télévisuels où tout lui est prémâché".

Ardent défenseur de la pellicule, il n'en finit pas de fustiger le numérique et l'influence de la télévision sur le 7e Art depuis les années 80, dans lesquels il voit "la plus grande régression de l'histoire du cinéma". "Avec la propension à filmer les films comme des matches de foot, à toujours être le plus fonctionnel possible, on est en train de perdre le désir d'utiliser l'imagination."

(Interview du réalisateur publié le 15 mars | AFP

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