Les Carmes
Avant-Première en présence de la comédienne Mariam Al Ferjani
Jeudi 21 septembre à 19h30
LA BELLE ET LA MEUTE
Séance suivie d'une rencontre avec Mariam Al Ferjani

LA BELLE ET LA MEUTE

Un film de Kaouther Ben Hania. Avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda

Film présenté en sélection "Un certain regard" au festival de Cannes 2017

Lors d'une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ? 

#France Tunisie  1h40 VOSTF

 

La critique TELERAMA:

"Cannes 2017 : “La Belle et la meute” de Kaouther Ben Hania, thriller âpre et féministe
Victime d'un viol, une Tunisienne lutte, en pleine nuit, pour obtenir justice et défendre sa dignité, toujours plus combative alors qu’elle affronte mépris et menaces. Après un premier film piquant, Kaouther Ben Hania revient avec une œuvre choc, présentée à Un certain regard.

Mariam est belle, ronde, appétissante et insouciante. Pour une fête étudiante, cette jeune Tunisienne s’habille comme une bombe, prête à s’amuser avec ses copines, au milieu de jeunes hommes qui n’ont rien à redire devant cette liberté féminine. Mais quelques heures plus tard, voilà la jeune fille, débraillée, sans chaussures et sans sac, qui erre dans la rue, en état de choc. Mariam a été violée. Mariam ne sait pas quoi faire. Elle a honte. Quand elle tombe sur Youssef, dont elle avait croisé le regard à la fête, celui-ci la convainc de porter plainte. Commence une longue nuit de lutte, d’hôpital en commissariats, de rebuffades en coercitions plus ou moins menaçantes, pour faire respecter ses droits. Face à une justice qui se trouve du côté des bourreaux, la petite poupée chancelle, mais ne plie pas…

Seule face à ses bourreaux

Après l’étonnant Challat de Tunis, où elle dénonçait le machisme ordinaire de son pays avec un humour piquant, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania frappe beaucoup plus fort avec ce parcours d’une petite combattante pour sa dignité. Elle la suit, la soutient, dans la moindre de ses hésitations et de ses peurs, lors de plans-séquences remarquables dans des bâtiments administratifs où chaque visage masculin affiche un mépris latent – quand il n’est pas une menace potentielle.

Soudain, devant un commissariat où des mâles rient, Mariam retrouve son sac, identifie ses violeurs et la tension monte d’un cran. Seuls quelques hommes la soutiennent : Youssef, le jeune journaliste courageux, et un vieux policier, paternel, mais qui ne fait pas le poids contre ses collègues brutaux. Les autres femmes ? Une fliquette enceinte et une infirmière voilée font ce qu’elles peuvent, mais elles-mêmes, on le pressent, ont dû tellement lutter, en silence, pour se faire respecter… Mariam se retrouvera seule face aux violeurs et à leurs complices : scène à huis clos qui empeste la mauvaise testostérone et tord le ventre. Mais, étrangement, c’est cette solitude qui semble finir de galvaniser la jeune fille. La proie n’a plus peur, n’a plus honte. Comme si la réalisatrice tenait à montrer que les jeunes Tunisiennes ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Et le dernier plan est l’un des plus gonflés que l’on ait vu sur la femme arabe, avec un voile qui se transforme en… cape de super-héroïne. Thriller féministe étonnant, La Belle et la meute est, avant tout, la chronique haletante de la naissance d’une conscience politique."  Guillemette Odicino

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« Andreï Zviaguintsev avait déjà filmé une Russie où les pauvres s’installaient, tels des mendiants à la Buñuel, dans une superbe maison de riches (Elena). Et un pays dévasté par la corruption (Léviathan). C’est presque pire, ici, tant il s’attaque à l’essentiel : ces êtres sans conscience dont la seule excuse – faible – est de reproduire la haine qu’ils ont reçue des générations précédentes : les mères, ici, sont des monstres à l’état pur, sans doute parce que les pères sont singulièrement absents. Durant de longues minutes, le cinéaste filme, avec un effroi visible, un face-à-face extraordinaire entre deux femmes qui ferait passer l’affrontement, dans Sonate d’Automne de Bergman, d’Ingrid Bergman avec Liv Ullmann, pour une aimable bluette destinée à la Bibliothèque rose. Moment absolument terrifiant… On pourra, évidemment, contester à Zviaguintsev le droit de flanquer ainsi, sans se décourager, des baffes répétées à ses compatriotes (et à nous, à l’occasion). Mais on ne saurait nier qu’elles claquent sec et fort. Et qu’elles visent juste. » Pierre Murat. Télérama 

 

Faute d’Amour a, peut-être, été le premier choc du festival de Cannes 2017. Il est longtemps resté dans les esprits et bien des participant(e)s lui prédisaient la Palme ! Après Leviathan, Andreï Zviaguintsev nous livre, avec la force et la franchise qui le caractérisent, un tableau saisissant d’une société rongée par l’envie et la haine. Pierre Murat remarque avec justesse que le film aurait pu (dû) s’appeler l’Anamour. C’eut été un bel hommage à Gainsbourg, mais nous sommes effectivement plus proches de Bergman et de ses géniales études des structures conjugales et familiales suédoise.  

 

Coïncidence des calendriers, nous commençons cette semaine notre cycle autour de la révolution Russe Octobre 17, avec La Grève de Serguei Eisenstein que nous vous proposons en séance unique lors d’un ciné-concert imaginé par Vadim Sher, dimanche 24 à 14h ! A ne pas manquer !!! 

Jeudi 21 à 19h30, nous recevons l’actrice principale de La Belle et La Meute, dernière perle en provenance de Tunisie sélectionnée au festival de Cannes 2017 dans la section Un Certain Regard.  

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